18 au 24 janvier 2018

L’IMPRESSION

CRÉATION OLD MASTERS

« On travaille, on essaie d’inventer de nouveaux récits. Ce qui est très dangereux c’est quand une chose prend trop le dessus ». Si la dernière création du collectif Old Masters (Jérôme Stünzi, Marius Schaffter, Sarah André) était une phrase, elle serait peut-être cette dernière. En tous les cas, elle fonctionne comme un mantra que l’on a envie de se répéter. Répéter pourquoi d’ailleurs ? Pour ne pas oublier ? Pour se donner l’impression que ça ira mieux ? Et si la scène était un espace thérapeutique que nous soignons à condition qu’elle nous soigne en retour?

Dans ce grand monochrome bleu qu’est le plateau, quatre êtres de chair et de cheveux rigolent avec douceur et nomment avec taquinerie les ambitions que nous mettons dans nos existences. Les tentatives des vivants de signifier le temps dans des formes et des formes dans le temps. Essayer d’être là de tout son coeur. L’application que nous mettons à essayer d’aller mieux, à faire mieux ou alors comme les autres. Et tout cela à quelles fins ? Trouver du plaisir dans les choses invisibles ? Peut-être.

Jérôme Stünzi

Né en 1981, vit et travaille à Bienne. Formé à l’école d’Arts Visuels de Bienne, il adapte son langage malicieux à de multiples projets artistiques. Tantôt dans les arts plastiques (sculpture, vidéo, installation, peinture), et tantôt dans les arts vivants (scénographie, costumes, performance). Il développe son travail pluridisciplinaire seul ou en collaboration avec d’autres artistes. Ainsi, c’est en 2014 qu’il crée des volumes, costumes et objets pour Introducing Schaffter & Stauffer (de Marius Schaffter et Gregory Stauffer) au Théâtre de l’Usine et pour Walking (de Gregory Stauffer) en 2015 dans le même lieu. Il confectionne en outre, et pour ce dernier, un retable au Centre d’Art Contemporain le Commun (Genève) dans le cadre de l’exposition Happyland du collectif Autenthic Boys. En 2015, il fonde avec Marius Schaffter la compagnie Old Masters qui crée successivement Constructionisme en 2015, Fresque en 2016 et L’impression en 2018.

Individuellement, il donne à voir des œuvres picturales ou des installations dans un style d’Art modeste ambitieux. C’est ainsi, qu’il expose dans divers espaces, en voici une sélection : La Barbe à L’HotelOffen (Baden, 2011) / Jacques Bruel avec Adrien Horni au Lokal-Int (Bienne, 2012) et au Pasquart (Bienne, 2012) / Scènes I à L’Hausstellung (Bâle, 2015) / La Benne au Lokal-Int (Bienne, 2016) et aux Halles (Porrentruy, 2016–2017) / Loisirs industrielles à La Placette (Lausanne, 2016) / Sans Titre au Grand Palais (Berne, 2017).

En 2017, il obtient une bourse de séjour pour six mois à New York remise par le canton de Berne et destinée aux Arts vivants. C’est dans ce cadre qu’il poursuivra son travail autour de l’objet-performeur.

Marius Schaffter

Comédien, performer, scientifique, dramaturge et danseur, Marius Schaffter né en 1980, vit et travaille à Genève. Sa pratique scénique, qui questionne avec humour et désespoir les disciplines artistiques et scientifiques, s’approche de la performance en offrant une place importante à l’instant présent et au contexte. En 2015, il a fondé avec Jérôme Stünzi la compagnie Old Masters qui crée successivement Constructionisme en 2015, Fresque en 2016 et L’impression en 2018.

Marius Schaffter a collaboré auparavant avec Gregory Stauffer, avec lequel il a conçu Introducing Schaffter & Stauffer au Théâtre de l’Usine en 2014. Il accompagne en outre régulièrement le travail de Gregory Stauffer en tant que dramaturge (Clowns en 2018, Walking en 2015, série 2/3 avec Bastien Gachet de 2011 à 2015).

En 2017-2018, il jouera dans WORK, la nouvelle création de Phil Hayes à la Gessnerallee (Zürich). En 2016, il a participé à Listening to speak de Jan Rohwedder au FFT de Düsseldorf comme performer. Il a joué ensuite pour Adrien Barazzone dans Les Luttes intestines, crée au Théâtre du Loup à Genève. Toujours en 2016, il a dansé dans the pancake problem, création chorégraphique de Louise Hanmer au Théâtre du Galpon à Genève. Il a aussi dansé pour Emma Murray dans la pièce the way you look tonight, crée en 2015 à la Dampfzentrale à Berne. Il est par ailleurs apparu au sein des Fondateurs pour Les Fondateurs s’installent (Théâtre de l’Usine, 2014) et Les Fondateurs dans le Jura (festival far°, Nyon, 2013).

Diplômé de l’école de théâtre Serge Martin en 2013, il est aussi titulaire d’un Master en géographie humaine, domaine où il a été chercheur enseignant à l’Université de Genève de 2007 à 2010.

Old Masters

Old Masters est un jeune collectif formé de Marius Schaffter (performer et géographe), Jérôme Stünzi (artiste et scénographe) et Sarah André (scénographe et artiste, alias André André). Attirés par une esthétique du dérisoire, ils entreprennent de déconstruire les discours scientifique et artistique en convoquant la beauté et la vérité à la table de l’anodin et de l’insignifiant, et ce, en s’appuyant sur une solide économie des moyens et des compétences. Ils s’inscrivent allègrement, par leur nom et leur pratique, dans le sillage prometteur des maîtres anciens, dont les compositions picturales, et plus encore leur propre lecture de ces dernières, les ont fortement inspirés. Fondé en 2014 par Marius Schaffter et Jérôme Stünzi, le collectif s’est enrichi de la présence de Sarah André pour le projet Fresque en 2016. En outre, il collabore régulièrement avec les artistes suivants à différents titres : Charlotte Herzig, Jonas Bühler, Nicholas Stücklin, Sofia Teillet, Jérémy Chevalier, Jean Rochat. L’association Pâquis production à Genève, et plus précisément Laure Chapel en assure habilement l’administration.
En 2014, Old Masters a crée Constructionisme, un dispositif performatif de création, d’analyse et de dissection d’objets d’études. Constructionisme a remporté en 2015 Premio, le prix d’encouragement aux Arts de la scène. Depuis sa création, Constructionisme a été présenté dans de nombreux festivals, musées ou universités, en français, en anglais et en allemand, en Suisse (Lucerne, Lancy, Lausanne, Baden, Berne, Genève, Zürich, Vevey), en France (Centre culturel suisse de Paris et au Centre Pompidou), en Lituanie (Vilnius) et au Brésil (São Paulo). Il sera en tournée en 2017 encore au festival performance process à Bâle
Avec Fresque, crée au TU-www.theatredelusine.ch (Genève) en 2016, Old Masters a approfondi et amplifié son approche de la création et de la performance en s’entourant d’une équipe de création plus large. Old Masters a ainsi écrit, publié et monté sa première pièce de théâtre qui au travers d’un dispositif et d’une situation simple offre le récit bouleversant de deux individus et surtout d’un objet scénique, le module. Fresque est présenté en 2017 au Centre culturel Suisse de Paris, puis en 2018 à l’Arsenic à Lausanne.
En 2018, Old Masters crée L’impression, une pièce de théâtre à visée thérapeutique sur la vie en général, co-produite par le TU-www.theatredelusine.ch à Genève et l’Arsenic à Lausanne.
Précédemment, Marius Schaffter et Jérôme Stünzi ont tous deux travaillé sur la pièce Introducing Schaffter & Stauffer créée par Gregory Stauffer et Marius Schaffter, et qui a été présentée au Théâtre de l’Usine en 2014, au Festival Something Raw à Amsterdam, aux Journées de la danse suisse à Zürich, au Festival Skorohod à Saint-Pétersbourg, au Musée de la Chasse et de la Nature, au Centre Culturel Suisse à Paris en 2015, ainsi qu’à l’Arsenic à Lausanne en 2016.

Sarah André

Sarah André est diplômée en arts visuels à l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne, son travail allie dessin, sculpture, récit et scénographie. Elle crée en 2009 le collectif Animal de Corps en collaboration avec Gaëlle Christinat dans lequel elle explore par le biais de performances les possibilités de mettre en lien objet, sculpture et narration. Elle présentent L’amour, ou je te dis une poésie avec des cris de chien et Balenos au Théâtre de l’Usine, ainsi que dans le cadre du festival les Urbaines à Lausanne et Who’s afraid of performance art au BAC à Genève .

Elle travaille également à l’élaboration de scénographie pour d’autres compagnies et auteurs (Joël Maillard, Julia Perazzini, Valerio Scamuffa, Piera Honegger), en association avec Vincent Deblue et Chiara Petrini avec qui elle crée le collectif Rucksack Gogolplex engagé par de nombreux lieux culturels et festivals en Suisse Romande (Théâtre du Grütli, Théâtre de l’Usine, L’Arsenic, Antigel, l’adc, Théâtre St-Gervais, Ateliers d’Ethnomusicologie, Festival Baz’art).

Elle travaille depuis 2010 sous le nom de André André en collaboration avec les éditions Ripopée. Publiant dessins et textes à la lisière de la bande dessinée, du dessin et de la peinture. Dans une forme brute elle met en lien dessins et textes avec dérision, et violence. On retrouve dans l’ensemble de son travail cet humour et cet intérêt pour ce rapport entre visuel et narration. Avec une volonté joyeuse de se libérer de la question du média, du contexte, de la classification de l’objet qui naîtra de ses divers intérêt.

Une création de Old Masters - Sarah André, Marius Schaffter, Jérôme Stünzi
Conception et écriture: Old Masters et les interprètes
Interprétation :
Angèle: Charlotte Herzig
Annick: Sofia Teillet
Michaël: Jérémy Chevalier
Thomas: Marius Schaffter
Scénographie et costumes : Sarah André et Jérôme Stünzi
Lumières : Jonas Buhler
Musique et son : Nicholas Stücklin
Musicien.ne.s:
Violons: Adél Kovács, Adam Nagy
Alto: Greta Staponkute
Violoncelle: Léonie Védie
Arrangement quatuor: Rotem Sherman
Daf (tambourin): Daniel Steiner
Administration: Laure Chapel - Pâquis production
Coiffures: Sarah André
Co-production : TU — Théâtre de l’Usine, Genève et Arsenic -  Centre d’art scénique contemporain, Lausanne
Soutiens: Pro Helvetia, Ville de Genève, Loterie romande, Fondation SUISA, Nestlé pour l'Art, Pour cent culturel Migros, Fonds intermittents
Remerciements: Tina Blaser, Paul Courlet, Andrès Garcìa, Léo Gobin, Yvonne Harder, Laure Jolissaint, Oya Kozacıoğlu, Marie et les Davids, Mottattom, Loïc Rivoalan, Gregory Stauffer