En 2014, Lamya Moussa décroche un emploi qui vend du rêve: être performeuse pour l’exposition d’un artiste majeur américain à Paris. En signant son contrat, deux clauses l’interpellent: une clause de confidentialité et une clause de renonciation de droit. Intriguée, Lamya double cet emploi d’un travail d’enquête. Un petit arsenal de recherche est ainsi développé et déployé tout au long de son engagement. Caméra cachée, enregistrements sonores, prises de notes et photos s’accumulent au fil du montage, du vernissage puis, des évènements autour de l’exposition. Presque 7 ans plus tard et dans une autre ville, Lamya reprend le fil de cette documentation conséquente. À travers une suite de gestes performatifs, on plonge dans les souvenirs et les réflexions d’une artiste aspirante, jouant les petites mains d’un grand homme. Tout en interrogeant la notion d’auteur et de propriété intellectuelle, Thank-you, Paul nous rappelle que même si on ne leur accorde pas la parole, les subalternes ont des yeux, des oreilles et l’esprit vif. Pas deso, Paul.