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du 19 au 24 mai 2020

Radical Abstraction

En résidence au TU – Théâtre de l’Usine durant deux semaines avec le projet Radical Abstraction (trad. : abstraction radicale), l’artiste et performeusxe Jota Mombaça invoque les artistes de sa famille artistique Ventura Profana, Michelle Mattiuzzi, Pêdra Costa et Castiel Vitorino à la rejoindre pour une constellation de performances et de moments de recherche collectifs autour des spiritualités anti-coloniales et le queering ou la « queerisation » de la foi. En faisant appel à des forces, sensibilités et formes de savoirs qui ne peuvent pas être expliqués par une rationalité moderne et coloniale, ielx proposent de jeter un sort sur le monde tel qu’on le connaît et ainsi ouvrir des processus d’émancipation radicale.


Castiel Vitorino Brasileiro. Como se preparar para a guerra, 2017.


Jota Mombaça. A Gente Combinamos de Não Morrer (Us Agreed Not to Die), 2018-2019.


Musa Michelle Matiuzzi. A Dívida Impagável (The Unpayable Debt), 2018.


Pêdra Costa (in collaboration with Taís Lobo). Macumbarica, 2017.


Ventura Profana, Retrato por Ge Viana.

Castiel Vitorino Brasileiro

Castiel Vitorino Brasileiro est artiste visuel, macumbeira et psychologue. Elle recherche et invente des rapports dans lesquels des corps non-humains se détachent des liens de la colonialité. Elle comprend la macumbaria comme un outil nécessaire pour l’adoption de la fuite. Elle s’entoure, incarne et s’immisce parmi la diaspora Bantu, car elle croit en la vie en tant que lieu périssable de liberté.

Jota Mombaça

Jota Mombaça est néex et a grandi dans le Nord-Est du Brésil et se décrit aujourd’hui comme une “bicha non binaria” (une pédé non-binaire). Ielle développe une pratique de performance et de recherche qui s’intéresse notamment aux liens entre monstruosité et humanité, aux études kuir, aux tournants décoloniaux, à l’intersectionnalité politique, à la justice anti-coloniale, à la redistribution de la violence, aux fictions visionnaires, à la fin du monde ainsi qu’aux tensions entre éthique, esthétique, art et politique dans la production de savoir dans le Sud-Sud globalisé. Parmi ses projets à venir, Jota participera notamment à la 22e Biennale de Sydney – NIRIN ainsi qu’à une résidence avec l’artiste Ikí Yos Piña (Venezuela) dans le cadre du Pernod Ricard Fellowship à la Villa Vassilief à Paris.

Musa Michelle Mattiuzzi

Musa Michelle Mattiuzzi est cinéaste, performeur, écrivaine et chercheur. Elle a étudié l’art à l’université Pontifícia Universidade Católica de São Paulo au Brésil. Son travail s’empare et/ou subvertit les lieux de l’exotisme attribués aux corps des femmes Noires par l’imaginaire blanc, le transformant en une abérration, une entité divisée entre le merveilleux et l’abject. Mattiuzzi a participé au workshop Political Imagination de la XXXII Biennale de São Paulo durant lequel elle a publié le texte merci beaucoup, blanco! – performance photography experiment. En 2017, elle a participé au programme de résidence Capacete à Athènes. Durant la même année, elle a présenté une nouvelle recherche intitulée Whitenography and the performance on white paper à Salvador de Bahia et à Rio de Janeiro dans le cadre de l’exposition Implosão: Trans(relacion)ando Hubert Fichte. Toujours en 2017, son film Experiencing the Flooding Red remporta le prix du meilleur court-métrage à la X Janela Internacional de Cinema de Recife au Brésil. En 2018, elle a participé à la XXXIII Biennale de São Paulo avec le projet Afro-affective affinities. Mattiuzzi vit entre les villes de Salvador et de São Paulo au Brésil.

Pêdra Costa

Pêdra Costa est un.e performeur.euse franco-brésilien.ne et anthropologue basé.e à Berlin, travaillant à l’international avec d’autres artistes queer. Son travail est informé par les esthétiques post-porn et la recherche sur la pensée anti-coloniale. Pêdra Costa travaille avec son corps, présentant des performances, vidéos et textes. Iel utilise les épistémologies fragmentées et complexes des communautés queers, contaminées par le savoir et presque totalement détruites par le projet colonial, tout en se souvenant d’un radical caring (prendre soin radicalement / une façon de prendre soin et se soucier de manière radicale) pour lutter contre le manque d’opportunités de vie de ces même communautés. Iel dialogue avec les esthétiques politiques du post-porn et les stratégies anti-coloniales. Iel fait face à l’échec tous les jours, le transformant en une force créatrice, connectée avec de ancestralités oubliées et hybrides. Iel a notamment participé aux expositions suivantes: Deuniversalising the World, Barcelona 2019 (MACBA); À Nordeste, São Paulo 2019 (Sesc 24 de Maio); Manifestos for Queer Futures, Berlin 2019 (HAU – Hebbel Am Ufer); Gewalt in den Künsten, Berlin 2019 (DFG-Graduiertenkolleg „Das Wissen der Künste“ – UdK); Multitud Marica: Activaciones de archivos sexo-disidentes en América Latina, Santiago de Chile 2017 (Museo de la Solidaridad Salvador Allende); QUEER ENCOUNTERS_VIENNA TRANS LA, Los Angeles 2017 (CalArts School of Art); WELT KOMPAKT?, Wien 2017 (frei_raum Q21, MuseumsQuartier); Millionaires Can Be Trans* // You Are So Brave*, Berlin 2015 (Schwules Museum).

Ventura Profana

Ventura Profana est la fille des entrailles mystérieuses de mère Bahia. Elle a prophétisé la multiplication et l’abondance de vies Noires et trans*. Doctrinée dans des temples Baptistes, elle est pasteur missionnaire, chanteuse, écrivaine, compositrice et artiste visuelle. Sa pratique s’enracine dans la recherche sur les implications et les méthodologies de l’évangélisation au Brésil et au-delà à travers le développement d’églises néo-pentecôtistes.