5 octobre 2019

L’ENTRE-DEUX MONDE, L’ART COMME ARME DE GUÉRISON

Soirée de performances

Lancement du dernier numéro de la revue Afrikadaa « L’entre-deux monde, l’art comme arme de guérison ».

Afrikadaa est à la fois un collectif et une revue qui réunit des artistes, cinéastes, musicien.ne.s et chercheur.euse.s issu.e.s des diasporas africaines et afro-caribéennes vivant à Paris et qui se sont retrouvé.e.s autour d’un besoin commun de reprendre le contrôle des récits sur les corps et identités noires dans les pratiques culturelles. Pour chaque lancement d’une nouvelle revue, le collectif conçoit un format de “revue augmentée” qui se déploie à la fois comme un acte éditorial et un laboratoire d’expérimentations performatives.

Cette revue performée accueillera les contributions et performances de Pascale Obolo (rédactrice en chef d’Afrikadaa), Anna Tjé, Lomani Mondonga et Maïté Chénière. 

 

Anna Tjé

Née en 1989, Anna Tjé vit et travaille à Paris. À travers une pratique transdisciplinaire et entre usage du corps et du geste, de la poésie et du récit, de la musique, du textile, de l’objet, de l’image et des média, Anna Tjé tente de déconstruire les mécanismes de survie et de guérison dans les dites subcultures.

Naviguant entre création contemporaine et recherche, elle investit la performance de manière  autodidacte – dont l’endurance art, la danse, la déclamation, le chant sacré – et l’installation ainsi que la vidéo afin d’explorer les notions d’intime, de trauma et de résilience du corps féminin noir. En puisant ainsi dans son archive personnelle et dans les parcours de militantes féministes et/ou queer, ainsi que les philosphes de la diaspora africaine, elle questionne la propriété de l’utopie, de la science-fiction et de la spiritualité comme vecteurs d’émancipation et de communication.

Co-fondatrice de la revue littéraire et artistique à contre-courant Atayé, Anna Tjé a fait ses études à l’École de mode Mod’Art International Paris, avant de se diriger vers les médias. Diplômée d’un Master d’ingénierie éditoriale et communication de l’Université de Cergy-Pontoise, elle continue d’approfondir ses recherches dans le cadre d’une thèse en Arts et Médias à la Sorbonne-Nouvelle – Paris 3. En janvier 2019, elle a également participé à l’Ecole doctorale des Ateliers de la pensée de Dakar (Sénégal), et fut encadrée par Felwin Sarr, Achille Mbembe Yala Kisukidi, Françoise Verges, Jamila Mascat, Abdourhamane Seck et Bado Ndoye.

http://revue-ataye.com

https://annatje.com

Lomani Mondonga Mighty

Mighty (Archipelagogo Club) est unx DJ afrofuturiste et membre fondateurx de la House of ButchXtra. A travers la musique, il·elle voyage dans le temps et partage des récits passés sous silence au grand jour, afin de créer sur le dancefloor, un espace d’expression et de rassemblement pour une multiplicité de corps et d’identités.

Pascale Obolo

Pascale Obolo est cinéaste, rédactrice en chef de la revue Afrikadaa et commissaire indépendante. Née à Yaoundé, Cameroun, elle étudie au conservatoire Libre du cinéma Français en section réalisation, puis obtient un master de cinéma à l’université de Paris VIII, section cinéma expérimental. Ses premiers films documentent le début du mouvement Hip Hop et la scène parisienne graffiti.

Cinéaste féministe, elle a également porté son regard sur la place de la femme dans les milieux artistiques. Ses films ont été montrés et primés dans de nombreux festivals. Sa démarche artistique de cinéaste est souvent issue des arts plastiques et numériques, rompant délibérément avec les codes narratifs traditionnels; les codes visuels ou clichés que l’on a de l’Afrique et de sa culture.

Activiste son travail interroge les mémoires, l’identité, l’exil, l’invisibilité. Dans la construction de ses objets filmique, elle expérimente différentes formes où le réel s’entremêle à la fiction.

Passionnée par les arts visuels, Pascale Obolo produit et réalise « des objets filmiques » car elle refuse d’être cataloguée dans un genre cinématographique. Dans mes récits, j’interroge les mémoires et les répercussions qu’elles ont dans nos sociétés contemporaines : “Réfléchir sur le devenir de héritage des mémoires pour mieux appréhender notre société et l’avenir.”

Certains de ses travaux ont été exposés au Musée du Montparnasse, au Musée du Quai Branly, au Musée du Centre Pompidou, Manège de Dakar, au Mac Val, la fondation Kadist, la fondation David Roberts…

Son film Calypso Rose the lioness of the jungle a remporté le prix Yennega d’argent en mars 2013 au FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) dans la section documentaire.

Ses derniers travaux questionnent les archives à travers la construction de récits historiques dans une perspective postcoloniale, autour des représentations visuelles et culturelles de l’histoire politique et économique, à travers la photographie, la vidéo, et la performance. Ses oeuvres s’appuient sur un processus de recherche interdisciplinaire, aussi diverses que la danse, la musique, littérature, le film, et les sciences humaines.

Pascale Obolo est à l’origine de la structure d’Afrikadaa Lab : une revue d’art contemporain, un laboratoire intellectuel et artistique qui a pour vocation de créer une dynamique de création à Paris et dans les territoires africains et diasporiques. Afrikadaa est aussi un outil-média pour une meilleure visibilité des oeuvres, offrant la possibilité d’un processus curatorial et d’un espace de visibilité, ouvert sur les expériences qui renforcent la place des artistes issues de la diaspora dans l’agenda artistique mondial.

Elle dirige aussi l’African Art Book Fair (AABF) / une foire d’édition indépendante mettant l’accent sur les pratiques éditoriales et soutenant les pratiques de publications qualitatives et uniques.

Programmatrice à la colonie, Pascale Obolo vient de rejoindre l’équipe du MAGASIN en tant que tutrice de Ateliers des horizons.