Du 15 au 24 avril 2005

LE DOS DU DESERT

Cette création nous introduit dans le monde privé de quatre femmes qui vivent quelque part leur désert intérieur. « Désert » en tant que solitude prête à être peuplée, où la folie, l’amour, l’échec ou la tendresse nous dévoilent quelques coins de leur intimité, une pièce dans le puzzle de leur existence, où elles essaient de se réinventer chaque jour, en riant d’elles-mêmes, en rêvant et en imaginant d’autres vies qui pourraient être la leur, pour finalement se retrouver dans la solitude d’elles-mêmes, dans le silence. Dans ce spectacle, le mouvement fait partie du travail de l’acteur comme processus créatif. Les mouvements sont créés en fonction des caractéristiques à la fois humoristiques et dramatiques des interprètes. Nous travaillerons d’après des écrits de divers auteurs, dont Eduardo Galeano, Jean Rhys, Katherine Mansfield, ainsi que sur des textes originaux.

En ces temps où l’on parle tant de globalisation, nous avons tous l’intuition que cette culture globale surpasse les conditionnements de l’individu. D’ailleurs, la diversité des langues implique différentes manières de percevoir le monde, des codes distincts. L’individu, seul face à l’Univers, ne cesse de percevoir le mystère qui façonne toutes les cultures de l’Histoire et qui a donné lieu à autant de questionnements philosophiques et scientifiques. Enfin, nous partageons tous la même « matière » celle dont nous sommes faits et le don de percevoir notre entité unitaire et individuelle comme une sorte de solitude nécessaire. J’ai trouvé un parallèle surprenant entre les montagnes suisses et le désert, comme les deux faces d’une même pièce, qui seraient matérialisées par le silence intérieur qu’elles produisent. C’est ce désert et ce mystère, celui que toute femme, à n’importe quel endroit du monde, ressent quelques fois dans son coeur. La vie quotidienne arrache souvent la femme de son principe essentiel physique et émotionnel, et de son vrai pouvoir. Mais, malgré tout, elle continue à être le giron et le dos du désert.

Louisa Merino

  • Création et mise en scène Louisa Merino
  • Assistante m.e.s. Delphine Wuest
  • Interprétation Catherine Büchi, Maud Faucherre, Deirdre Foster, Lisa Morand
  • Création lumières et régie Michel Guibentif
  • Musiques Andrés GarcÍa
  • Costumes Mahi Durel
Cie RDH

En septembre 2003, création de la Compagnie RDH à Genève par cinq comédiennes. En février 2004, le spectacle «L», première création de la compagnie, voit le jour
au théâtre de l’Usine de Genève dans le cadre du Festival Superfemmes. Pour cette création, nous avons traité avec humour et légèreté l’image de la femme dans notre société. Suite à cette expérience fructueuse, nous avons présenté en avril 2005 Le Dos du Désert en collaboration avec Louisa Merino. Cette jeune chorégraphe madrilène nous a permis d’explorer par le mouvement et un montage de textes d’auteurs contemporains plusieurs facettes de femmes d’horizons différents. Tout en restant fidèles à nos thématiques et préoccupations, notamment celle de la femme dans notre société, nous avons choisi de travailler sur l’écriture d’un auteur unique, et avons donc présenté en mai 2007, Les Reines, de Normand Chaurette. La mise en scène basée sur le jeu «burlesque» a été prise en charge par Sylviane Tille et a remporté un succès certain.
Ces trois spectacles ont été présentés au théâtre de L’Usine à Genève.

Catherine Büchi, Maud Faucherre, Léa Pohlhammer, Delphine Wuest, Lisa Morand

Louisa Merino

Louisa Merino signe de nombreuses chorégraphies depuis une dizaine d’années pour des pièces de théâtre, des films et des créations personnelles. Elle a commencé sa carrière de danseuse dans des compagnies comme MBT ou Dagoll Dagom. Après cinq ans en tant que danseuse soliste et chorégraphe dans le groupe musical Malevaje, elle crée en 1995 sa propre compagnie TT avec laquelle elle monte plusieurs créations. Sa carrière de comédienne s’est surtout exprimée dans des films, des courts-métrages et des séries de télévision.