Les artistes Pauline Boudry et Renate Lorenz travaillent en duo à Berlin depuis 2007. Elles mènent dès lors un travail d’exploration de l’histoire des contre-cultures à travers une œuvre filmique où le corps performatif est vecteur de nouvelles narrations. Le duo revisite souvent des documents éphémères du passé, une photo, une partition, le début d’un documentaire politique ou une lecture littéraire. Puisant leurs références dans des moments de l’histoire effacés ou illisibles, ces travaux présentent des corps qui sont en mesure, non seulement de traverser les époques, mais aussi de tisser des liens entre ces différentes époques, laissant présager ainsi la possibilité d’un futur queer. Ce travail se fait notamment avec la collaboration cross-temporelle des voix de Pauline Oliveros, Edouard Glissant, Jean Genet ou de Kathy Acker. En rappelant ces utopies, Pauline Boudry et Renate Lorenz nous donnent la possibilité de penser le corps comme une entité fluide en terme d’identité, ainsi que de concrétiser la réalité d’un sujet émancipé, glamour et révolutionnaire. En même temps, elles posent la question comment retravailler la « normalité » aujourd’hui ? Comment vivre la différence sans qu’il y ait perte constante d’autonomie, sans que cette dernière soit récupérée par d’autres et sans indulgence envers les propositions d’intégration de l’économie néolibérale ?