FARCI.E

Dans le cadre de EMERGENTIA, une plateforme pour la création chorégraphique contemporaine et émergente. Du 3 au 13 avril 2019.
Collaboration L’Abri / ADC / TU.
Infos et réservations : www.emergentia.ch


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La corps est un langue comme les autres.

Langue : gaze qui sépare l’humain de son monde, qui lui permet de penser, de regarder, de sentir, de (se) construire, de conceptualiser, de faire l’amour…

Comment réfléchir à l’identité de genre avec une langue qui assigne un genre aux mots eux-mêmes ? Comment réfléchir à l’identité de la genre dans un langue qui assigne une genre aux mots elles-mêmes?

En farsi, langue maternelle de Sorour, il n’y a pas de genre. Ni les objets, ni les idées n’ont un sexe, le mot « genre » se dit « جنسیت jenssiat » et ça signifie « matière ». Alors, lorsqu’il s’applique aux objets, il désigne leur matérialité, quand il s’applique aux êtres vivants, il désigne leur sexe. Le genre de la table, c’est le bois et mon genre, c’est la peau, la chair, les os, les muscles, le sang… Mais c’est quoi la matière du mot « genre » ? Comment penser le genre alors qu’on donne un sexe aux idées ? En français, un objet que l’on n’arrive pas à nommer, c’est une « chose ». Alors, un corps qu’on n’arrive pas à genrer, c’est une chose ? Une chose, en français, c’est féminin. Alors, toutes les choses sont féminines ? Et le mot «féminin» est masculin ?

Sorour Darabi

Sorour Darabi est un-une artiste autodidacte iranien.ne qui vit et travaille à Paris. Très actif.ve en Iran, il-elle fait partie de l’association souterraine ICCD dont le festival Untimely (Téhéran) a accueilli ses travaux avant son départ pour la France.
Durant ses études au CCN de Montpellier il-elle crée le solo Subjetc to Change, une performance qui interroge la transformation à travers le temps et la cohabitation avec l’environnement. En 2016, il-elle crée Farci.e, un solo qui traite des notions du langage, de l’identité de genre et de la sexualité au festival Montpellier danse. Son prochain projet, Savušun, est une ode à l’affection, à la vulnérabilité et aux êtres affecté-es, qui s’inspire des cérémonies de deuil de Muharram et aborde la question des émotions : le chagrin, la peur et la souffrance. Il-elle a été par ailleurs interprète pour Jule Flierl et Pauline Brun.

 

Conception, chorégraphie et interprétation : Sorour Darabi
Création lumière : Yannick Fouassier
Régisseur lumière : Jean-Marc Ségalen ou Yannick Fouassier (en alternance)
Regard extérieur : Mathieu Bouvier
Production déléguée : Météores Plateforme chorégraphique
Coproductions : Festival Montpellier Danse, ICI-CCN de Montpellier Occitanie / Pyrénées Méditéranée
Soutiens: CND - Centre national de la danse dans le cadre d’une résidence, Honolulu-Nantes, Théâtre de Vanves
Remerciements : Loïc Touzé, Raïssa Kim, Florence Diry, Pauline Brun, Jule Flierl, Clair.E Olivelli, Zar Amir Ebrahimi, Charlotte Giteau, Sandrine Barrasso