LE FEU AU TU, encore et toujours

Nous sommes vraiment très heureuses d’être là, d’avoir la chance de vous adresser ce programme et de rejoindre cette merveilleuse équipe qui a soigné et constamment ravivé la flamme du théâtre durant ces dernières années.

En 2019-2020, le TU s’affirme comme un lieu d’émergence artistique qui se pense et qui cherche des manières d’habiter les troubles* qui traversent son présent. Nous prenons le temps d’écouter les histoires issues des voix étouffées et marginalisées, ces voix qui hantent les sous-sols de nos systèmes ravageurs.

En ouverture de saison, une grande fête ! L’Usine et le TU ont 30 ans. Pour célébrer la vie, la résilience et le courage de ces lieux, nous vous invitons à une création surprise d’Yvonne Harder, Louis Bonard et Sarah André, qui vous promèneront dans l’Usine et ses recoins, puis 30 heures de programmation concoctées collectivement et avec amour par toute l’équipe du TU.

Pour mieux comprendre les mondes et les problèmes invoqués par les artistes du TU, nous nous tournons vers la pensée critique contemporaine ainsi que vers les personnes et les collectifs en lutte pour des avenirs plus radieux. Nous avons pensé ce programme en nébuleuses, comme des éclats de poussières interstellaires autour des créations. Des tables rondes, des ateliers ou encore des sessions d’écoute mensuelles viennent prolonger les recherches artistiques et les confronter aux urgences de nos temps. Le cycle Quand la ville sera à nous, inspiré par la proposition interdisciplinaire de Ramaya Tegegne et Soraya Lutangu – Bonaventure, gravite autour des questions de droits à la ville. Tandis que S’évader du genre, inspiré par le travail chorégraphique de Pauline Raineri et Sophie Ammann, interroge ce que représentent les injonctions à la féminité et à la masculinité. Entre ces deux moments de densité, la création de Colline Grosjean nous offre une fuite hors de la ville vers la forêt, entre veille et sommeil.

Avec l’accueil de la série d’événements Rupture, le TU poursuit son engagement dans une réflexion publique sur l’anti-racisme et les perspectives décoloniales dans les milieux culturels en partageant, avec son public et au-delà, les questionnements et urgences politiques qui animent ses artistes. et son champ professionnel.

On plonge dans le monde de la nuit et de la fête avec la première soirée de l’Archipelagogo Club, un projet de Maïté Chénière, artiste associé.e au TU pour la saison 2019-2020. Club de nuit avant tout, les tentacules de l’Archipelagogo Club voleront quelques moments aux heures du jour pour se décliner en club de lecture ou club de loisirs.

Fruit de collaborations et de conversations, ces premiers mois de la saison 2019-2020 sont profondément issus de différentes formes d’intelligence collective. Ce n’est pas vraiment nouveau au TU, mais c’est l’avenir et on y croit. Nous avons envie de partager avec vous notre désir de continuer à construire cet espace collectivement, face aux troubles et aux lacrymos, de créer ensemble un espace courageux*.

Sous la chaleur des projecteurs du TU, nous nous réjouissons d’entrer dans l’automne avec vous en vous accueillant dans notre petit foyer où il ne fait jamais froid.

Pour le TU,

Léa Genoud & Hélène Mateev