7 decembre 2006

Zbigniew Warpechowski (PL) // Emmett Williams (USA) & Ann Noël (GB) // Ben Patterson (USA/D)

Performeur, poète, peintre, écrivain et membre du Black Market International, Zbigniew Warpechowski fait sa première performance en Pologne, en 1967. Il critique de manière radicale la culture contemporaine en utilisant le plus souvent des objets très simples de la vie quotidienne avec une démarche engagée, rigoureuse et audacieuse. Membre de Fluxus dont il est une des légendes, Emmet Williams s’est produit à Genève en 2005, lors du Festival Roaratorio. C’est à nouveau accompagné par l’artiste d’origine britannique Ann Noël, qu’Emmet Williams sera présent au Théâtre de l’Usine pour établir un jeu de subtilités dialectiques complexes en utilisant la douce confusion entre la vie théâtrale et la vie du théâtre. Après avoir disparu pendant près de vingt ans de la scène artistique, estimant que son engagement social et politique primait sur une esthétique de l’engagement, Ben Patterson, musicien virtuose, performeur, et co-fondateur de Fluxus, est revenu à l’art par une pratique ludique mêlant indifféremment la performance, le graphisme, la cuisine, la musique, l’installation intermédia et la vidéo.

Emmett Williams

Membre de Fluxus dont il est une des légendes, Emmet Williams est venu à Genève en 2005 lors du Festival Roaratorio France-Amérique de poésies expérimentales. Ce festival de haut vol nous procura le plaisir de (re)découvrir le travail de figures essentielles de l’art comme John Giorno ou Bernard Heidsieck. Emmet William a présenté des expositions et des performances dans la plupart des centres d’arts au niveau international. On a pu entre autres le voir à l’Institut Tomi Ohtake à Sao Paulo, la Kasseler Kunstverein à Kassel, la Gallerie Andrea Rosen à New York, la Gallerie MJ Wewerka à Berlin, la Gallerie Marlene Frei à Zurich, le Musée d’Art Contemporain de l’Université du Chili à Santiago, la Kunsthalle de Dusseldorf, la National Gallery d’Islande à Reykjavik, etc. Créateur polymorphe, il est l’auteur de l’autobiographie non conventionnelle My life in Flux – And Vice Versa (1991). Il participe également au courant appelé « poésie graphique » directement descendant du « Lettrisme 3» avec les oeuvres Méditation no2 (1958), A festive marching song (1966) et Sweethearts (1967).

La Poésie graphique.

Poésie concrète, poésie visuelle… “Le poème visuel est une constellation dans l’espace”, selon son inventeur, Gomringer. Il s’agit de jouer avec le langage écrit dans sa réalité matérielle, avec l’aspect visuel du mot et de la lettre, leur beauté graphique, leur valeur plastique. La libération des normes éditoriales ouvre à un dépassement du sens, à une errance dans l’apparemment absurde, loin de l’abstraction initiale du texte. Il y a recréation de sens par irradiation dans un espace pictural. Celui-ci est multiple: chaque lecteur peut faire son déchiffrement. Le poème s’inscrit dans la mémoire par les images implicites suscitées. Diverses pratiques convergent vers la typoésie4: l’art visuel de l’École brésilienne (Haroldo et Augusto de Campos, Pignatari), le spatialisme (Bory et Garnier),

l’art phonétique (Bernard Heidsieck, Henri Chopin), la cinétique (Fahlström, Max Bense).  Comme le calligramme d’Apollinaire, comme l’idéogramme oriental, c’est un art de la synthèse, de la simplification, de la brièveté, de la concision, de la spontanéité. La fonction sociale de la poésie graphique remonte aux origines. Dès la préhistoire, il était naturel à l’homme de réaliser dessins, peintures et objets d’art. Il est naturel à chacun de pratiquer la création de formes et d’images. C’est un art qui répond à un instinct élémentaire. Comme la poésie sonore, la poésie graphique doit rendre la société plus humaine, ludique, éprise de beauté.

Dans la pièce Couting Song d’Emmet Williams, deux acteurs comptent le public à voix haute et se communiquent les résultats. Ce concept constitue la piéce, dans la pure tradition de Fluxus.

Beaucoup d’évènements de Fluxus sont brefs. Dans l’utilisation du temps et de la scène, ils ressemblent aux Vaudeville et au burlesque. On-Off event d’Emmett Williams est un classique du genre. La pièce est simple. Toutes les lumières du théâtre sont éteintes, puis allumées, puis éteintes à nouveau et ainsi de suite. La pièce peut être faites en toutes circonstances pendant un concert, mais elle est souvent utilisée au début ou à la fin. Cela ressemble aux petits coups de lumière utilisés pour signaler le début d’une pièce de théâtre ou pour rappeler l’audience après la pause. Quand elle est utilisée de cette manière, cela élimine les frontières entre l’art et la vie. La pièce utilise alors la douce confusion entre la vie théâtrale et la vie du théâtre pour établir un jeu de subtilités dialectiques complexes. On peut apercevoir des performances d’Emmet Williams dans le film Portafilliou de Robert Filliou qu’il réalise comme supplément à son livre Teaching and Learning as Performing Arts (cette vidéo contient également des performances avec Brian Gyson et un film réalisé avec George Brecht).

Zbigniew Warpechowski

« My postulates addressed to performance art (that cannot be realised practically!) are as follows: each authentic act of performance art should be a definition of performance art, each performance should be a new definition of art!, performance art as constant art criticism, each performer-artist should have his own definition of performance art. »

Poète, peintre, performeur et écrivain, Zbigniew Warpechowski est né en 1938 en Pologne. Il a étudié à l’Académie des Beaux-Arts et à l’école polytechnique de Cracovie. Zbigniew Warpechowski fait sa première performance en Pologne, en 1967, bien avant que n’apparaisse dans son pays le terme de « Performance ». Il est aujourd’hui devenu l’artiste polonais le plus connu dans ce domaine: il a présenté plus de 200 performances dans 25 pays différents. Il est souvent considéré comme le représentant de son pays dans de nombreux grands festivals.

Warpechowski critique de manière radicale la culture contemporaine en utilisant le plus souvent des objets très simples de la vie quotidienne. Sa démarche est engagée, audacieuse et rigoureuse. Décidé à prouver que la performance est le nouveau domaine de l’art, il a défini le règlement de l’Art Performance en 1982, règlement qu’il retravaille et complète depuis en l’appliquant à sa pratique. Persuadé que chaque artiste a ses propres codes, il ne désespère pas un jour qu’ils puissent s’entendre sur des principes communs, c’est à dire que chaque performance soit une critique de l’art performance, qu’elle en donne aussi une nouvelle définition et qu’elle soit enfin une nouvelle définition de l’art. L’artiste est ainsi obligé à une création permanente et se doit de remettre en question ses acquis artistiques.

Zbigniew est également membre de Black Market International

  • Zbigniew Warpechowski (PL)
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  • Ben Patterson (USA/D)