4 octobre 2019

DÉCOLONISONS LES ARTS !

Table ronde

En première suisse, une discussion aura lieu autour de l’ouvrage Décolonisons les arts ! paru en 2018, en présence de deux de ses auteures Pascale Obolo, Marine Bachelot Nguyen. 

Marine Bachelot Nguyen
Marine Bachelot Nguyen est autrice-metteuse en scène au sein de Lumière d’août, collectif fondé en 2004 à Rennes. Dans ses textes et mises en scène, elle explore l’alliance de la fiction et du document, les croisements du corps et du politique, les questions féministes et postcoloniales.
Lauréate de plusieurs bourses d’écriture (CnT, Beaumarchais-SACD, CNL), ses pièces sont jouées en Bretagne, France, Suisse, Afrique, créées par elle ou d’autres metteures en scène. En 2018 elle réside à Villa Saïgon au Viêtnam, avec l’Institut français de Ho Chi Minh Ville, pour son projet Circulations Capitales. Elle est invitée en résidence d’auteure par Troisième Bureau et la MC2 Grenoble pour travailler à l’écriture du texte.
Transmission et formation sont des instances précieuses pour elle. Elle collabore au projet Ciel à Bamako/Ciel à Ouaga d’Alexandre Koutchevsky, elle participe à des résidences d’artistes, dirige des mises en lecture, pour Lumière d’août ou d’autres associations. Elle anime des ateliers d’écriture et de théâtre auprès de partenaires variés (Universités, École d’architecture, École d’ingénieurs, hôpital psychiatrique, etc). Elle a aussi participé aux activités du groupe de recherche Théâtre(s) politique(s) et est impliquée dans les associations HF Bretagne et Décoloniser les Arts. 
Pascale Obolo

Pascale Obolo est cinéaste, rédactrice en chef de la revue Afrikadaa et commissaire indépendante. Née à Yaoundé, Cameroun, elle étudie au conservatoire Libre du cinéma Français en section réalisation, puis obtient un master de cinéma à l’université de Paris VIII, section cinéma expérimental. Ses premiers films documentent le début du mouvement Hip Hop et la scène parisienne graffiti.

Cinéaste féministe, elle a également porté son regard sur la place de la femme dans les milieux artistiques. Ses films ont été montrés et primés dans de nombreux festivals. Sa démarche artistique de cinéaste est souvent issue des arts plastiques et numériques, rompant délibérément avec les codes narratifs traditionnels; les codes visuels ou clichés que l’on a de l’Afrique et de sa culture.

Activiste son travail interroge les mémoires, l’identité, l’exil, l’invisibilité. Dans la construction de ses objets filmique, elle expérimente différentes formes où le réel s’entremêle à la fiction.

Passionnée par les arts visuels, Pascale Obolo produit et réalise « des objets filmiques » car elle refuse d’être cataloguée dans un genre cinématographique. Dans mes récits, j’interroge les mémoires et les répercussions qu’elles ont dans nos sociétés contemporaines : “Réfléchir sur le devenir de héritage des mémoires pour mieux appréhender notre société et l’avenir.”

Certains de ses travaux ont été exposés au Musée du Montparnasse, au Musée du Quai Branly, au Musée du Centre Pompidou, Manège de Dakar, au Mac Val, la fondation Kadist, la fondation David Roberts…

Son film Calypso Rose the lioness of the jungle a remporté le prix Yennega d’argent en mars 2013 au FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) dans la section documentaire.

Ses derniers travaux questionnent les archives à travers la construction de récits historiques dans une perspective postcoloniale, autour des représentations visuelles et culturelles de l’histoire politique et économique, à travers la photographie, la vidéo, et la performance. Ses oeuvres s’appuient sur un processus de recherche interdisciplinaire, aussi diverses que la danse, la musique, littérature, le film, et les sciences humaines.

Pascale Obolo est à l’origine de la structure d’Afrikadaa Lab : une revue d’art contemporain, un laboratoire intellectuel et artistique qui a pour vocation de créer une dynamique de création à Paris et dans les territoires africains et diasporiques. Afrikadaa est aussi un outil-média pour une meilleure visibilité des oeuvres, offrant la possibilité d’un processus curatorial et d’un espace de visibilité, ouvert sur les expériences qui renforcent la place des artistes issues de la diaspora dans l’agenda artistique mondial.

Elle dirige aussi l’African Art Book Fair (AABF) / une foire d’édition indépendante mettant l’accent sur les pratiques éditoriales et soutenant les pratiques de publications qualitatives et uniques.

Programmatrice à la colonie, Pascale Obolo vient de rejoindre l’équipe du MAGASIN en tant que tutrice de Ateliers des horizons.