CHAPITRE 2

Le critique d’art brésilien Mário Pedrosa (1900-1981) soutenait l’idée qu’il n’y avait de révolution possible sans une transformation de la sensorialité.  J’aime beaucoup cette pensée car elle implique la nécessité d’un basculement dans nos perceptions afin d’être à même de penser le changement sociétal. Elle confronte nos regards et nos sensations à leurs habitus, à leurs propres constructions. Ne sommes-nous finalement que les acteurs-trices & spectateurs-trices de la « reproduction » ? Nos manières de sentir, de traduire et de regarder le monde impliquent-t-elles la possibilité de le repenser ? Et si le changement commençait dans la manière de se sentir vivant-e et affecté-e?
Dans la réflexion de Pedrosa  comme dans les pratiques artistiques que nous aimons défendre au TU, il s’agit de faire recours à la création pour partager avec le public, un autre espace, un autre monde qui commence avec la possibilité de pouvoir l’imaginer.
Via l’oeuvre, l’expérience sensible est renouvelée, voir même (temporairement?) émancipée des rapports de dominations. C’est la préciosité de cet espace-là qui se déploie avec force dans le chapitre 2. Et ceci via trois créations, une collaboration et deux accueils internationaux qui nous donneront l’éventualité de réaliser le possible.

Laurence Wagner.